Vendredi 7 janvier 2067 : Aurélien, le conseil d’agora
Gouvernance partagée, autogestion, organisation opales, entreprises libérées, connaissez-vous? Pensez-vous que dans ces organisations chacun fait ce qu’il veut?Savez-vous que ces organisations ont un cadre de fonctionnement responsabilisant qui permet à chacun de s’exprimer?

Ce soir, j'ai été au conseil d'agora après mon activité principale. Ce sont des moments que j'adore.

Il y a 12 ans, quand Mathias est rentré à l’agora, je me suis demandé ce que je pourrais bien apporter à l’agora. Petit à petit, j'ai compris l'importance du conseil d'agora pour l'apprentissage de la démocratie pour les jeunes. La possibilité de participer aux décisions d'investissement dans l'agora. L'enclenchement des chantiers participatifs qui créent des liens entre les parents, entre les enfants et les parents. Il y avait comme une responsabilité collective sur la bonne santé du lieu d’apprentissage. Les gens viennent de tous horizons, ils sont de tous âges, de toutes religions. Bien sûr, il arrive régulièrement qu'il y ait des tensions. Mais chacun sait qu'au bout du compte c'est la laïcité qui prévaut et les échanges avec le cercle de justice en cas de conflit.

Le moment que je préfère, c'est quand les étudiants (depuis 2030, les élèves sont appelés étudiants) présentent leurs projets avec prise de décision par consentement. Parfois c'est la déconfiture. Aux premières questions de clarification, ils restent secs et prennent conscience qu'ils n'ont pas bien préparé leur proposition. Dans ce cas, ils notent toutes les questions et obtiennent de temps en temps du soutien. D'autres fois, c'est au moment du ressenti que les jeunes comprennent l'importance de leur projet où les craintes que ça génère chez les autres. Souvent, ils amendent leur projet ou le retirent. Enfin, après des phases d'objection bien souvent financière, vient la phase de célébration. Ce sont des moments émouvants.

Ce soir, il fallait voir le regard de Paul briller. Après son troisième passage, il a compris que sa proposition était suffisamment mûre pour lancer la construction du nouveau dôme dédié au numérique et à la réalité virtuelle. Lors de sa présentation, il avait fait intervenir un architecte, un des parents qui va piloter le chantier. Il a même trouvé un mécène pour la connexion internet. C'est l'effervescence au village. Bientôt un an qu'il était sur le projet. Il a appris tant de choses, je n’en reviens pas ! Et dire que c'était un enfant timide ! Mathias, mon fils, a participé à l'élaboration du projet. Il va regretter de ne pas être là pendant la construction. Il verra les photos et en profitera en rentrant.

Dans notre école, il y a 3 collèges : les parents, les enfants, les salariés. Toutes les décisions importantes sont prises en conseil d'agora. C'est amusant, mon grand-père me dit que rien de tout ça n’existait de son temps. Maintenant, même les conseils municipaux sont passés en démocratie participative.

Quand j'étais moi-même à l'école, il y avait comme dans des milliers d'écoles ce qu'ils avaient appelé une libération des écoles. Maintenant quasiment toutes les agoras fonctionnent en autogouvernance. Il reste encore quelques écoles privées et publiques dans les grandes villes. Elles restent attachées à un modèle patriarcal de l’éducation.

Photo de Matheus Bertelli 

Jean-Christophe LÉONARD
7 janvier, 2022
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